Il est si facile de détruire

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Il est si facile de détruire

 

Voici untretien avec Tashi, Kelsang, Dickyi, Thupfen, Tenzin et Tenzing, nonnes, tibétaines de McLeodgang qui partagent avec nous leur vision sage de la vie.

Parlez-moi un peu de vous…

Nos histoires se ressemblent beaucoup ! Certaines d’entre nous sont arrivées en Inde il y a longtemps, d’autres très récemment, mais nous avons toutes fui le Tibet à cause de l’occupation chinoise. Il y a plus d’opportunités d’étudier le bouddhisme ici et surtout de le pratiquer. Au Tibet tout est réprimé : il n’est pas permis de posséder une image du Dalaï Lama là-bas, par exemple.

Pourquoi êtes-vous devenues nonnes ?

Les raisons pour lesquelles on devient nonne ne sont pas celles pour lesquelles on reste nonne. Elle, elle est devenue nonne car elle n’avait pas beaucoup d’argent, Elle, parce qu’elle voulait une éducation car elle ne savait même pas écrire, ou encore Elle parce qu’elle ne trouvait pas de mari et Elle parce qu’elle a été inspirée par un spectacle un jour dans un monastère. Moi, j’avais peur de la mort, et je pensais que cela m’en guérirait : mais ce n’est pas le cas ! On réalise plus tard que tout le savoir que l’on a acquis est précieux et quelle est la véritable richesse que le bouddhisme apporte dans nos vies.

Vivre dans une nonnerie, est-ce difficile ?

Ici la vie s’organise entre les méditations et les classes monastiques. Nous étudions et nous pratiquons beaucoup, il n’y a pas de temps pour s’ennuyer. On fait aussi des débats, on peut sortir ou recevoir des visites. Au départ, c’est un peu dur de prendre le rythme car il y a de nombreux devoirs, mais ensuite ce n’est plus difficile.

Et comment vivez-vous le bouddhisme en tant que femmes ?

Avant, on trouvait principalement des moines bouddhistes, mais il y a de plus en plus de nonnes de nos jours. En tant que femmes nous sommes bien traitées au Tibet, et ici en Inde en tant que nonnes, nous sommes respectées. Nous savons que ce n’est pas le cas de toutes les femmes en Inde.

En ce qui concerne la maternité, les nonnes ne sont pas censées avoir d’enfants. Cela arrive parfois qu’une nonne ait eu un bébé avant d’entrer à la nonnerie, mais ce sont des cas particuliers. Nous, nous ne trouvons pas difficile d’y renoncer. Cela ne nous pose pas du tout problème.

Que pensez-vous de la situation actuelle du Tibet ?

Nous sommes vraiment déçues que les choses ne changent pas, et particulièrement touchées par les immolations de nos frères et sœurs tibétains. Il est si facile de détruire. Ça, tout le monde peut le faire. Nous pensons que la compassion et la non-violence sont de vraies forces, mais cela n’a apparemment pas beaucoup d’impact dans le monde.

Auriez- vous un conseil à nous donner ?

Il faut entraîner votre esprit sans relâche ! Et aussi, ne vous focalisez pas sur vos problèmes, mais plutôt sur ce qui est positif dans votre vie. Rappelez-vous que tout le monde souffre, cela peut vous permettre de vous sentir mieux.

 

Pour aller plus loin, lire "Le Bonheur vu par un moine tibétain" sur notre site !

Propos recueillis par Marion Vandekerckhove. 

© Web TV Savoirchanger, 2014.

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