Les Mains de la terre

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Devenir agricultrice en bio

Voici une première présentation en images du documentaire que je réalise actuellement :

 

Les Films du hasard produisent ce film. Pour coécrire avec moi et assurer l'image/son de certaines séquences : Sonja Bertucci. Et l'équipe rassemble aussi pour les premières images les chefs opérateurs Sylvain Zambelli et Dorian Blanc, tandis que j'ai pris en charge une part du son. Merci de tout coeur aussi à tous ceux qui aident le projet par d'autres biais : prêt de matériel (Virgile, Luca...), diffusion du projet... ! 

Pourquoi ce film ? Un déboisement important et la perte de surfaces agricoles pour la construction d'une ligne de TGV, c'est le point de départ de mon documentaire. Dans la Sarthe, à proximité du Mans, comme ailleurs en France, la terre était déjà mise à mal par l'industrialisation massive de l'agriculture.

Eloïse, les cheveux roux en bataille, parisienne d'origine sociale élevée, une trentaine d'années. Elle a travaillé dans le cinéma pendant dix ans. Touchée par ces changements dans une région où elle a des attaches familiales, elle s'engage. Elle change de vie radicalement, s'installe avec ses enfants à la campagne. C'est sa résistance personnelle face à ceux qui veulent bétonner ou détruire le vivant.  

Son rêve : devenir agricultrice et fonder une ferme biologique afin de prendre soin du vivant. Elle met tout en oeuvre pour y parvenir, sans l'assurance de réussir. Ce film est aussi une manière de la soutenir !

Savez-vous qu'il est beaucoup plus difficile pour une personne non issue du milieu agricole de s'installer en région ? Car elle part quasiment de rien ; chaque obstacle est démultiplié. Son insertion professionnelle et sociale prendra plus de temps, et sera plus risquée que pour un repreneur d'exploitation déjà existante. Pourtant des personnes comme Eloïse sont une nécessité vitale pour l'agriculture, car elles viennent renouveler les rangs : en 10 ans, ce métier a perdu 200 000 travailleurs ; les suicides sont nombreux. Il y a 1 installation pour 3 départs en retraite.

Et l'agriculture biologique est aujourd'hui un enjeu de société : elle permet de recréer de la biodiversité, une alimentation comme un environnement meilleurs, de retisser des liens humains au niveau local : autant d'éléments bénéfiques pour chacun de nous. 

Dans mon documentaire, on suivra le personnage lumineux d'Eloïse dans son parcours initiatique, elle sera le fil rouge du film, créatrice de liens positifs. Et à travers ses formations, elle nous initiera aux rapports nouveaux à la terre qui apportent un équilibre meilleur à la société, l'écologie et notre santé.  Le film débute il y a presque trois ans, lorsqu'elle change de vie. Désormais, Eloïse a obtenu un BTS en Lycée agricole, a effectué des stages avec Camille en transformation laitière, ou avec la ferme biologique La Fontaine du feu de David et Charlotte : tous seront des personnages importants de ce documentaire, ainsi que les organismes de la CIAP et Gab72 qui ont permis à Eloïse de se former et de suivre le stage "paysan créatif". Quel autre rapport à la terre proposent-ils face à la crise agricole et environnementale ? Comment s'en sortent-ils ?

Tout en les interrogeant, ce film ne sera pas, pour autant, un réquisitoire contre l'agriculture conventionnelle. Comme le dit Eloïse, "ce n'est pas rien de faire sortir du vivant de la terre, il faut du talent". Et malgré les incertitudes, les personnages de ce documentaire, c'est sûr, en ont. 

Laureline Amanieux, auteur, réalisatrice.

La production Les Films du Hasard :

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