Nos points faibles sont nos meilleurs atouts

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Nos points faibles sont nos meilleurs atouts

Le dernier livre de l'américain Malcolm Gladwell, ce spécialiste des mécanismes de la réussite (personnelle, sociale ou professionnelle) s'intitule Nos points faibles sont nos meilleurs atouts, aux éditions Flammarion : il extrait une Loi du mythe de David et Goliath que nous pouvons appliquer à nos propres vies : le jeune et en apparence faible David est en fait plus fort que le géant Goliath, il est le vainqueur dès le départ. Parce qu'il a compris les règles du rapport de forces et comment les bousculer, parce qu'il sait transformer ses désavantages en avantages. Et même, s'il n'avait pas subi en premier lieu ces désavantages, il n'aurait pas trouvé les solutions pour gagner. 

La force de ce livre est de relier ce mythe biblique à des histoires très contemporaines.

 

 

Les 3 principes

Malcolm Gladwell en retire trois principes :

1) les désavantages finissent toujours pas devenir des avantages ;

2) un certain degré de difficulté est nécessaire pour se dépasser ;

3) le pouvoir a des limites qui le rendent vulnérable.

Tout est une question de seuil, car au-delà d'un certain point, notre destin peut basculer, alors nous savons quoi entreprendre et comment explorer nos talents. 

 

 

Retour aux sources

Racontons le mythe biblique à la manière de Gladwell pour bien comprendre ces trois principes. Dans le Premier Livre de Samuel de la Bible des Chrétiens, au chapitre 17, on assiste à un combat devenu légendaire. Imaginez au coeur de la Palestine, l'armée des Philistins d'un côté sur une montagne, et en face sur une autre montagne l'armée d'Israël. Entre les deux une vallée. Goliath descend dans la vallée, c'est un un géant par sa taille. Il est armé d'un casque de bronze et d'une armure. Il porte aussi un javelot, une épée et une lance. Un aide de camp le précède et le couvre d'un large bouclier. Le géant fait face aux Israélites ; il crie : "choisissez un homme et qu'il vienne à moi !". Il propose un combat singulier pour déterminer l'issue de la guerre. S'il gagne, les Israélites deviendront ses esclaves. C'est une pratique commune à l'époque pour éviter les massacres des populations. 

Personne ne bouge, tous sont terrifiés. Personne ne pense gagner contre un tel adversaire. Pendant quarante jours, Goliath les provoque. Rien. Puis, David, un jeune berger, se propose. Le Roi Saül essaie de l'en dissuader : "tu es juste un enfant et lui est un guerrier depuis l'enfance, tu n'as aucune chance". Le berger insiste, car il s'est déjà battu contre des lions et des ours pour protéger ses brebis.

Le Roi Saül lui offre son épée, son casque et son armure. David les essaie puis les refuse, parce qu'il ne sait pas les utiliser. Alors, il prend un bâton et ramasse cinq pierres "polies", nous dit le texte. Puis il se rend dans la vallée pour affronter  Goliath. Ce qui est intéressant, c'est qu'il choisit donc les armes, dont il sait se servir.

David refuse de se battre selon les règles de Goliath, c'est-à-dire comme un guerrier. Quand Goliath aperçoit le garçon, il le méprise, il se sent insulté : "suis-je un chien pour que tu viennes à moi avec des bâtons", dit-il. Le berger est considéré comme ce qu'il y a de plus bas dans l'échelle sociale. 

Ensuite David se sert de sa fronde, place un pierre polie dedans et l'envoie au front du géant. Goliath tombe, vaincu. Et le texte dit : "il le terrassa sans avoir besoin d'épée à la main". Enfin David se précipite, lui prend son épée et lui coupe la tête. Les Phillistins s'enfuient aussitôt.

 

Une stratégie créative

David a donc choisi une autre statégie à laquelle Goliath n'était pas habituée. Son pouvoir, c'est sa capacité à changer les croyances ("tu ne gagneras jamais") à briser les règles pour en suivre d'autres. Il a pour lui la vitesse, l'effet de surprise, la pierre, son audace et sa conviction. Goliath est soudain trop grand, trop large et immobilisé par ses armes trop lourdes.

Il nous enseigne que l'intelligence individuelle et le courage font la différence. Il n'accepte pas l'ordre conventionnel. Il ne tient pas compte du jugement des autres, même du roi. 

De plus, on ne peut pas lutter contre un adversaire plus grand que nous, avec ses propres armes. Il faut élaborer une stratégie créatrice. Le fait de venir d'un autre domaine que celui de son adversaire lui donne la liberté d'essayer des choses auxquelles personne n'avait pensé.

Enfin, ce mythe nous apprend que les forts ne sont pas aussi forts qu'on le croit. Qu'on peut poser des limites face à un pouvoir abusif.

Même dans nos vies privées, ce qui nous semble insurmontable, nous sommes tous capables de le surmonter - il y a une grande part de fausse croyance que nous projetons sur nos difficultés et celles-ci semblent alors gigantesques. 

Au fond David et Goliath nous raconte ce qu'il se passe quand des gens ordinaires affrontent des géants, c'est-à-dire des adversaires puissants, que ce soit des personnes, des entreprises, des adversaires sportifs, nos faiblesses ou même nos timidités et handicaps dans nos sociétés contemporaines. 

Alors éveillons le David qui est en nous, celui qui rend possible ce qui semble impossible.

 

Pour commander l'ouvrage de Malcolm Gladwell, c'est ici :

Nos Points Faibles Sont Nos Meilleurs Atouts

On recommande aussi de cet auteur, en version poche :

Tous Winners ! 

Le point de bascule : Comment faire une grande différence avec de très petites choses

 

Article de Laureline Amanieux. 

© Web TV Savoirchanger, 2015.

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